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Entraîner son enfant à la propreté

Janvier 2011

Vous avez décidé d’accompagner votre enfant dans cette phase cruciale de son développement affectif.  Voici des recommandations qui pourront vous aider à traverser cette nouvelle étape de façon harmonieuse.

Votre enfant est-il prêt ?

Le contrôle de la vessie et de l’intestin exige un certain niveau de maturité physique et intellectuelle.  L’apprentissage de la propreté ne devrait jamais être commencé avant 18 mois. L’âge idéal est 24 à 30 mois, car les enfants ont souvent atteint un bon niveau de contrôle des fonctions motrices et linguistiques.

Votre enfant est prêt si:

  • Il maîtrise la marche, peut s’asseoir et s’accroupir.
  • Il maîtrise suffisamment le langage pour utiliser des phrases de 3 mots
  • afin de faire des demandes. Par exemple : « Veut aller pipi ! »
  • Il imite spontanément les actions des adultes et aime les jeux où on fait semblant (jeux symboliques).
  • Il demande systématiquement de se faire changer lorsque sa couche est sale ou mouillée.

Il est inutile et même nuisible de brusquer l’enfant et de commencer trop tôt : cela peut aboutir à un résultat inverse à celui recherché.

Quelques faits

  • Il est plus facile pour un enfant de contrôler ses intestins que sa vessie.
  • Un enfant peut uriner toutes les 60 à 90 minutes durant le jour.
  • Dissocier la propreté de jour de la propreté de nuit (ou de la sieste) viendra d’elle-même, mais dans un deuxième temps. L’enfant ne peut raisonnablement tout faire à la fois. Le délai entre la propreté de jour et de nuit est en moyenne de 6 mois. Lorsque l’enfant est propre de jour, on doit éviter de lui mettre des couches la nuit.
  • Les garçons acquièrent la propreté plus tard que les filles. Environ 15 % des garçons s’échappent encore la nuit à l’âge de 12 ans. Il faut éviter de punir l’enfant qui mouille son lit occasionnellement, car cela entraîne l’effet inverse de ce qui est souhaité.
  • Les premiers jours, il est préférable d’attendre que l’enfant ait quitté la salle de bain pour actionner la chasse d’eau. En effet, la majorité des enfants considèrent leurs excréments comme une partie d’eux-même et ressentent de l’anxiété vis-à-vis leur disparition.
  • Évitez de vous boucher le nez ou de prendre une mine écoeurée devant les excréments de votre enfant : il penserait que ses besoins vitaux sont sales et dégoûtants. Faites-lui plutôt comprendre que c’est absolument nécessaire et naturel pour tout le monde d’aller aux toilettes.

Jusqu’à quand doit-on essuyer son enfant ?

En principe, votre enfant devrait pouvoir s’essuyer seul à partir de 4 ans. C’est une question qui dépend beaucoup de la relation de dépendance de la mère à son enfant et du désir (souvent inconscient) de la mère de protéger et de surveiller son enfant. À vous de faire confiance à votre enfant et d’accepter quelques lessives de culottes supplémentaires au début.

Il refuse de faire ses besoins ailleurs que dans une couche ? Il a peur du pot ou des toilettes ?

Votre enfant a besoin d’être rassuré. Il fait peut-être encore un « cadeau à sa maman ou à son papa », car faire ses besoins à souvent ce sens-là pour le jeune enfant. Ne le chicanez pas. Ne le forcez pas à aller sur le pot. Ne portez pas de jugement (« c’est bien /c’est mal »). Rassurez-le : « Ce n’est pas dangereux de faire ses besoins dans la toilette. Tu le feras quand tu seras prêt ». En attendant, traitez votre enfant comme un grand et non comme un bébé, ce qui signifie de ne plus l’allonger pour lui mettre sa couche, ni sur une table à langer, ni sur un lit. Fixez-la le plus rapidement possible, debout. Certains enfants tentent de prolonger les gestes de maternage et de maintenir un contact physique trop proche avec leur parent.

Quelles sont les préparatifs ?

  • Observez durant quelques jours à quelle heure l’enfant se salit.
  • Placez un pot dans la salle de bain. Assurez-vous qu’il soit accessible à votre enfant. Dites à l’enfant « Ce pot sert à faire tes besoins/pipi/caca ». Et évitez que l’enfant le transporte ailleurs. Dites : « On le laisse dans les toilettes ».
  • Apprenez à l’enfant les mots pour désigner ce qui se passe. Aidez-le à identifier la sensation qui précède ce besoin : « Avant de faire pipi/caca, tu sens quelque chose dans ton ventre qui t’avertit ».
  • Choisissez un renforcement efficace pour votre enfant.
  • Placez l’enfant à des heures fixes sur la toilette, ou selon les moments que vous avez notés, ou dès que vous notez des signes d’élimination. Laissez l’enfant sur le pot durant 5 à 10 minutes. Votre enfant refuse de s’asseoir ou panique ? Donnez-lui un ours en peluche, un jouet. Rassurez-le : « Moi quand j’étais petite… C’est comme ça dans toutes les familles ». Ne le forcez jamais à rester assis sur le pot/toilette, mais insistez pour qu’il l’explore avec vous : « Regardes, je vais m’asseoir dessus. Ce n’est pas dangereux. Tous les grands le font ».
  • Utilisez des culottes d’entraînement pour que l’enfant sente qu’il est mouillé, cette sensation désagréable le motive à rester propre. De plus, avec des culottes, l’enfant à l’impression d’être vêtu « comme un grand » ! Dites-le lui !
  • Utilisez des vêtements faciles à mettre et à enlever pour favoriser l’autonomie.
  • Faites collaborer l’enfant au maximum lors de l’habillage et du déshabillage.

Entraînement

Si l’enfant salit sa culotte:

  • Dites-lui qu’il est sale.
  • Amenez-le à la salle de bain pour qu’il vous montre où il doit faire ses besoins. Évitez de le laisser dans ses culottes sales.
  • Mettez-le sur le pot/toilette durant 5 à 10 secondes. Dites : « La prochaine fois, tu seras capable de m’avertir avant ».
  • Faites-lui mettre lui-même une culotte propre.
  • Retournez-le à ses activités.

Si l’enfant élimine quant il est placé sur le pot/toilette :

  • Félicitez-le : « C’est super ! Tu es grand, et je suis fière de toi ! »
  • Donnez le renforcement que vous avez choisi.
  • Faites-lui relever lui-même sa culotte.
  • Retournez-le à ses activités.

Si l’enfant n’élimine pas quant il est placé sur le pot/toilette :

  • Faites-lui relever lui-même sa culotte.
  • Retournez-le à ses activités.
  • Ne le félicitez pas, ne le punissez pas. Restez neutre.

Acceptez les accidents, même fréquents.

Ne revenez jamais en arrière en remettant des couches.

Ne lui dites jamais : « Tu as encore fait pipi/caca dans tes culottes, tu n’es pas gentil ». La propreté n’a rien à voir avec la méchanceté ou la gentillesse. Elle concerne la maturité affective. Votre enfant n’est pas méchant avec vous, s’il continue à se mouiller, ce n’est pas pour vous persécuter. Il est simplement en train d’apprendre.

Succès

Préparez une petite fête, avec des chapeaux, des flûtes et un gâteau, lorsque l’enfant est propre durant une semaine complète. Cela permettra de maintenir cet acquis si fragile.

Quel moment choisir ?

L’été, car les vêtements sont légers, et les déplacements sont faciles.

Une période avec un minimum de stress familial : évitez les mois suivants un divorce, une séparation, la naissance d’un autre bébé, un déménagement, un changement de garderie ou de personnel à la garderie, etc.

Un moment où vous pouvez obtenir la collaboration de tous les adultes qui s’occupent de votre enfant : la gardienne, l’éducatrice, les grands-parents, etc. Interdisez à l’entourage tout commentaire négatif.

Répétez cette phrase lors des insuccès : « Tu sais très bien que ce n’est pas comme ça qu’on fait. Mais tu as le temps, tu y arriveras. C’est toi qui décides quand ».

Existe-il du matériel spécialisé?

Malheureusement, il n’existe pas de médication ou de truc miracle : chaque enfant est différent et exprime sa personnalité à travers cette étape importante de son développement vers l’autonomie.

La ludothèque du Centre de réadaptation Marie Enfant rend disponible une poupée au ventre rempli d’eau qui fait pipi lorsqu’on l’actionne. Votre enfant pourrait bien avoir envie d’imiter cette poupée, si vous faites un jeu de rôle où la poupée est renforcée lorsqu’elle fait sur le pot : « Bravo ! Tu es une championne ! »

Il existe également des pots d’entraînement, disponibles dans les magasins de jouets, qui font de la musique lorsqu’ils se remplissent et qui offrent d’emblée un renforcement à l’enfant.

  • N’oubliez jamais, C’est vous l’ADULTE ! Votre enfant dépend entièrement de vous.
  • Il vous appartient d’assurer la sécurité affective de votre enfant et d’assurer la réussite de l’entraînement.
  • Vous devez être fermes, cohérents et patients.
  • Votre psychologue est disponible afin de personnaliser ces conseils au besoin.

Remerciements

Isabelle Marleau, psychologue
CHU Sainte-Justine
Clinique de déficits moteurs cérébraux

À propos de cette page
Mise à jour le 9 juin 2015
Créée le 19 janvier 2015
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